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Ma vocation de melamed (*)

  • Writer: Erick Mormin
    Erick Mormin
  • Nov 15, 2025
  • 3 min read

Updated: Nov 16, 2025

Par Erick Mormin


Paracha Hayé Sara - YouTube : https://www.youtube.com/watch?v=eCVXypD4vyk
Paracha Hayé Sara - YouTube : https://www.youtube.com/watch?v=eCVXypD4vyk

Il y a des mots qui semblent simples, presque discrets, mais qui portent en eux une tradition entière. Le mot melamed en fait partie.

Il désigne pas un maître auréolé d’autorité, ni un détenteur d’un savoir réservé. Un melamed, c’est celui qui accompagne, transmet, ouvre. Celui qui met des mots là où d’autres cherchent encore un chemin.


Pendant longtemps, je ne me suis pas interrogé sur ma légitimité. J’étudiais la Torah par amour du texte, par soif de comprendre, par besoin intérieur de relier les mondes : l’ancien et le moderne, l’intime et l’universel, le réel et le spirituel. Mais à mesure que mes travaux prenaient forme — les études hebdomadaires, les traductions, les commentaires, les analyses et les ponts avec notre époque — une question revenait : peut-on enseigner sans être « enseignant » ?


C’est alors que j’ai découvert, presque malgré moi, que ma démarche n’avait jamais été professorale.

Je ne transmets pas pour « enseigner une vérité ».Je transmets pour ouvrir un texte, pour rendre audible ce qui murmure, pour inviter chacun à entrer dans un dialogue millénaire.

Un melamed n’impose pas.

Il éclaire.

Il accompagne à hauteur d’homme.


Étudier, citer, traduire, relier

Ma vocation n’est pas née d’une institution ni d’une autorité extérieure.

Elle est née du travail.

D’heures silencieuses devant le texte hébreu.

De la patience de la traduction.

De l’exigence intellectuelle qui consiste à ne rien inventer, mais à s’effacer devant la source — et à la rendre accessible.


Je n’ai aucune prétention à la maîtrise absolue.

Je me considère comme un artisan du sens, un passeur, un homme qui se tient sur un seuil pour dire : « Voici ce que j’ai compris. Entre, et regarde par toi-même. »

Dans la tradition hébraïque, le savoir n’est jamais figé.

Il est un mouvement.

Une respiration.

Un appel.


Transmettre sans dominer

Ma légitimité n’est pas un statut : c’est une responsabilité éthique.

Je ne détiens pas un pouvoir, je porte un devoir : celui de transmettre avec respect, rigueur et humilité.

Je publie chaque étude comme un geste de fidélité :

à la Torah,

à la langue,

aux maîtres anciens,

à ceux qui ont commenté avant moi,

et à ceux qui lisent aujourd’hui.

Être melamed, ce n’est pas être un rabbin.

Ce n’est pas être un sage reconnu.

C’est être un messager.

Celui qui veille sur la continuité.


Une vocation qui relie les mondes

Dans un monde saturé d’informations rapides, d’opinions tranchées et de débats instantanés, je crois que la vocation du melamed est plus nécessaire que jamais.

Elle appelle à ralentir, écouter, étudier, comparer, replacer chaque mot dans sa profondeur, laisser la Torah éclairer la vie moderne sans la dénaturer.

Cette vocation est aussi une façon de construire un pont entre deux univers qui m’habitent :le numérique et l’étude, la technique et le spirituel, la pédagogie et la tradition.

Je suis professeur dans ma vie professionnelle.

Mais je suis melamed dans ma vie intérieure.


Un engagement pour la transmission

Chaque étude que je publie n’est pas une leçon.

C’est une invitation.

Chaque traduction n’est pas une appropriation.

C’est un service.

Chaque commentaire n’est pas une autorité.

C’est un partage.

Si j’ai une vocation, la voici :

rendre le texte vivant, intelligible et partageable.

Être un passeur.

Un transmetteur.

Un homme qui pose une lumière douce pour que d’autres puissent lire.

C’est cela, pour moi, être melamed.


Liens et ressources


Études de Paracha :


Études de Torah – Ariel Mormin :


Chaîne YouTube :


Page Facebook – Études et publications :


(*) Du verbe hébreu “limed” (racine ל־מ־ד L-M-D), qui signifie apprendre, enseigner, transmettre.

 

 
 
 

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